Accompagner les projets de sortie de rue : un premier bilan avec les 5 associations soutenues

Subventions en cascade : un temps d’échange sur les pratiques de suivi et d’appui des enfants et des jeunes accompagnés dans leur projet de sortie de rue

SAM_2377_OKDans le cadre du projet « Système Intégré de Protection des Enfants en Situation de Rue à Ouagadougou », cofinancé par l’Union Européenne, des subventions en cascade ont été accordées à 5 associations burkinabè : ATUJB, ANERSER, APJ, ABSJ et AIGSD de Kaya. Ces subventions avaient pour objectif principal de renforcer les capacités d’associations œuvrant dans le cadre du suivi socioéducatif des enfants en situation de rue. Au total, 85 jeunes ont été pris en charge, dont 35 scolarisés, 40 placés auprès d’un artisan, et 10 installés.

La mise en œuvre des projets étant achevée, le SSBF a organisé une journée d’échanges avec les associations bénéficiaires des subventions en cascade le 24 novembre 2016, dans un double objectif :

1) Échanger avec les associations bénéficiaires sur le déroulé des projets (réflexions sur les processus de suivi des jeunes mis en place notmamment) et le suivi apporté par le SSBF ;

2) Capitaliser les réflexions et les suggestions des partenaires en vue d’améliorer des éventuels projets similaires dans le futur.

La discussion s’est organisée autour des activités de prise en charge des structures : scolarisation, placement, installation et suivi de l’enfant, et plus particulièrement sur les pratiques à poursuivre et à changer/améliorer, celles à mettre en place, et celles à arrêter.

Les échanges ont permis de porter un regard critique sur certaines pratiques, puis de faire émerger naturellement des propositions intéressantes centrées sur l’intérêt supérieur de l’enfant.

Les structures ont relevé que les placements d’enfants trop jeunes auprès de maitres artisans, l’acharnement à maintenir un enfant à l’école alors que son comportement indique qu’il ne se sent pas à sa place, ou bien l’installation précoce d’un jeune étaient des pratiques à bannir désormais.

L’écoute de l’enfant dans son projet de vie doit être poursuivie : une écoute active, attentive, bienveillante. Pour ce faire, tous ont reconnu l’utilité de multiplier les entretiens avec les jeunes et d’aller en profondeur dans les échanges.

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La préparation des enfants dans leur activité à venir est une étape essentielle afin qu’ils ne (re)chutent pas, tout comme la préparation à l’activité post formation.

Cet accompagnement doit s’organiser en associant toute personne partie prenante du projet de l’enfant, en premier lieu les parents, mais aussi les professeurs des écoles, les artisans. Impliquer les parents des enfants est une pratique qui doit encore être systématisée. A l’heure actuelle, peu le sont – En plaçant leur enfant, beaucoup d’entre eux se sentent soulagés qu’une structure assure la prise en charge du jeune, et l’on peut observer une sorte de désengagement des parents, notamment pour ceux dont les enfants sont en centre d’hébergement. Concrètement, mieux communiquer avec les parents sur le cheminement attendu de l’enfant, les informer des dates de la rentrée scolaire, les associer aux entretiens avec les professeurs et les maitres artisans, sont des propositions à explorer ayant émergées des échanges.

SAM_1531_OKLes professeurs des écoles et les artisans peuvent aussi être associés davantage (pratique à maintenir, à développer). Il convient de partager avec eux les démarches de suivi relatives à l’enfant, leur expliquer systématiquement le projet du jeune, les intégrer dans le processus de suivi afin qu’ils portent un regard différencié sur le jeune, adapté à sa situation. Les risques de stigmatisation pourront ainsi être réduits. Il a été noté qu’il serait intéressant d’investir davantage dans les relations amicales du jeune, afin que d’autres personnes puissent servir d’appui / d’éléments stabilisateurs du jeune (coaching).

En termes d’évaluation de la progression, les structures ont reconnu la nécessité de mettre en place un système plus précis de suivi de l’évolution du jeune. Chez les maitres artisans par exemple, il convient de définir les compétentes à acquérir dans une période donnée (mise en place de curriculums de formations professionnelles, avec modules), puis d’analyser la situation de départ du jeune, de réaliser un ou des bilans intermédiaires et un bilan final au terme du placement. Pour ce faire, les maitres artisans doivent être sensibilisés à ces pratiques évaluatives, différentes de celles actuellement en place où les progrès du jeune se mesurent au fil de l’eau, sans réels objectifs fixés.

Enfin, concernant les pratiques à améliorer, les structures ont noté la réflexion systèmatique à mener sur la stigmatisation de l’enfant, et la mise en place de causeries sur des thèmes adaptés à sa situation (santé de la reproduction, gestion financière de base, etc).

Au cours de cette journée, le Directeur du SSBF a indiqué espérer que les formations et l’accompagnement reçu du Samusocial sur le dossier individuel de l’enfant auront permis aux associations de prendre la mesure de l’importance de cet outil de suivi, gage de qualité du travail social réalisé auprès des jeunes et aussi indicateur de crédibilité envers les partenaires techniques et financiers. Il a également rappelé le rôle essentiel des responsables des structures dans la supervision des équipes afin que les changements obtenus dans le cadre du projet puissent continuer à être effectifs dans les années à venir.

Au terme de cette journée, chaque association, ainsi que le SSBF, ont affirmé sortir « grandi » de cette expérience d’une année. Les enseignements sont nombreux. Les structures ont indiqué que les propositions émises lors des échanges seront prises en compte dans le  développement de leur activité.

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* Photos : jeunes ayant achevé leur formation professionnelle (couture, mécanique, …) au sein du centre ATUJB et ayant bénéficié, via les subventions en cascade, d’un appui en vue de leur installation / autonomisation. 

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